Krupp[in07]

Lors de la construction de la Position Fortifiée de Liège entre 1888 et 1891, l'artillerie lourde reposait sur la technologie allemande de la maison Krupp. Ces forts étaient équipés d'obusiers de 21 cm (modèle 1889/1891) en acier manchonné, installés sous des coupoles cuirassées pivotantes fournies par Grusonwerk (filiale de Krupp). D'une portée maximale d'environ 6 900 mètres, ces pièces tiraient des projectiles de 91 kg destinés au tir courbe pour atteindre des cibles défilées. Bien que conçus par Krupp, de nombreux exemplaires furent produits sous licence par la Fonderie Royale de Canons à Liège, illustrant le paradoxe d'un système de défense belge armé par l'industrie allemande qui, en 1914, finira par le détruire avec ses propres pièces de siège.

L'arsenal des forts de Liège, érigés entre 1888 et 1891, intégrait également des canons de 15 cm (modèle 1886) de conception Krupp, essentiels pour le tir tendu à longue distance. Ces pièces de 149,1 mm, souvent fabriquées sous licence par la Fonderie Royale de Canons (FRC) ou Cockerill, étaient installées par paires sous des coupoles cuirassées fournies par le constructeur français Creusot. Capables d'atteindre une portée de 8 400 mètres avec des obus de 39 kg, ces canons complétaient les obusiers de 21 cm en assurant la défense lointaine contre les colonnes de marche ennemies. Tout comme pour les pièces de 21 cm, l'utilisation de la technologie Krupp souligne l'ironie historique d'un système défensif belge largement dépendant de l'expertise industrielle de son futur envahisseur.