Bévéziers (sous-marin)[beveziers]

Le sous-marin Bévéziers (Q179) appartient à la célèbre classe 1 500 tonnes (officiellement la classe Redoutable, et plus précisément de la sous-série M6), un type de submersibles de grande patrouille conçu sur les plans de l'éminent ingénieur du Génie maritime Jean-Jacques Roquebert. Sa construction fut confiée à l'Arsenal de Cherbourg où il fut mis sur cale au début des années 1930, mis à flot le 14 octobre 1935, puis officiellement admis en service le 4 juin 1937. Conçu à double coque, le navire mesurait 92,30 mètres de long pour 8,20 mètres de large, affichant un tonnage de 1 570 tonnes en surface et 2 084 tonnes en plongée. Il partageait ses lignes avec une trentaine de sister-ships de la classe, parmi lesquels figuraient d'illustres unités de sa tranche comme l'Agosta, l'Ouessant, le Sidi-Ferruch, le Sfax ou encore le célèbre Casabianca. Sa puissante motorisation reposait sur deux moteurs Diesel (Sulzer) développant 8 600 chevaux pour la navigation en surface (vitesse de 17 nœuds), couplés à deux moteurs électriques de 1 000 chevaux pour la plongée. Manœuvré par un équipage de guerre réglementaire de 71 hommes (5 officiers, 14 officiers-mariniers et 52 quartiers-maîtres et matelots), il fut placé sous le commandement successif de plusieurs officiers, dont le lieutenant de vaisseau Barjot à ses débuts, le lieutenant de vaisseau Nicolau, puis le capitaine de corvette Paul Lancelot qui mena ses derniers combats. Côté armement, sa redoutable puissance offensive intégrait 9 tubes lance-torpilles de 550 mm et 2 tubes de 400 mm, complétés pour la surface par un canon de 100 mm implanté à l'avant du kiosque et un affût double de mitrailleuses Hotchkiss de 13,2 mm pour la DCA. Sur le plan des hauts faits, le Bévéziers s'illustra magistralement le 25 septembre 1940 lors de la bataille de Dakar : alors qu'il était en pleines réparations et ne marchait que sur un seul moteur, il réussit à s'infiltrer et à torpiller le cuirassé britannique HMS Resolution, l'endommageant si gravement qu'il força la flotte alliée à lever le siège. Redéployé par la suite à Madagascar pour briser le blocus de Djibouti, le sous-marin connut son destin tragique le 5 mai 1942 au matin de l'Opération Ironclad (l'invasion britannique de Diégo-Suarez). Surpris au mouillage dans la grande rade alors qu'il tentait d'appareiller avec seulement les deux tiers de son équipage à bord, le Bévéziers fut grenadé, mitraillé et coulé par des avions Fairey Swordfish de la Fleet Air Arm britannique (provenant du porte-avions HMS Illustrious). L'attaque causa la mort de plusieurs marins et, une fois le bâtiment submergé, le reste des rescapés mit sac à terre pour s'intégrer aux forces d'infanterie coloniales afin de continuer héroïquement à défendre la base contre les troupes de choc britanniques. L'épave fut par la suite renflouée par les Britanniques en avril 1943, mais jugée irréparable, elle fut placée en réserve avant d'être officiellement condamnée et démantelée à Diégo-Suarez après la guerre. © JPu 06/07/2026

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