Le 10 mai 1940, la guerre éclate en Belgique. Le grand fort d'Eben-Emael, le fort imprenable, est violemment attaqué. Les autres forts sont aussi attaqués et bombardés par l'aviation allemande (la Luftwaffe). Le 11 mai, l'armée de campagne se retire de Liège afin d'éviter l'encerclement par les Panzerdivisionen qui passent les ponts sur le canal Albert près d'Eben-Emael. Le fort va devoir à nouveau se batte comme un fort d'arrêt, comme en août 1914, mission à laquelle il n'est pas préparé. La garnison attend l'ennemi de pied ferme : les observateurs sont prêts et scrutent de leurs jumelles ou de leur périscope le paysage, les patrouilleurs sont prêts et vont aux renseignements, tandis que de mauvaises nouvelles parviennent au fort par le téléphone et la radio. Le fort de Flémalle tire, appuie par son feu ses voisins, se fait appuyer à son tour. Le Commandant de la Position Fortifiée de Liège a rejoint le fort. Le fort se défend encore, vise tous les objectifs signalés Ceci dure jusqu'au 15 mai.
Le 15 mai, environ 30 avions de la Luftwaffe viennent avec des bombes de 250 et 500 kg. Chacun va "Poser" ses bombes sur le fort. Tout ce que les forts peuvent faire, c'est de faire le gros dos sous le déluge de bombes et de demander aux autres forts de tirer au-dessus d'eux pour établir la "Cloche de feu" qui tient éloigné les Stukas et rend leur tâche imprécise. Après le bombardement, les coupoles de Flémalle sont hors de combat, réduites au silence, calées dans leur puits. Pourquoi autant de moyens pour tant de destructions ? Probablement parce que le Commandant de la Position, le Colonel Modard, s'y trouve. La nuit venue, une patrouille allemande approche du fort, et descend même dans le fossé, mais ils sont accueillis par les fusils-mitrailleurs et doivent se replier sans avoir pris pied sur le massif central.
Le 16 mai, les Allemands mènent un assaut d'infanterie contre Flémalle. La tour d'air qui barre le chemin vers le fort, est attaquée par des canons antiaériens de 88 mm et des canons antichars de 37 mm. Bientôt, les malheureux défenseurs doivent se replier vers les souterrains. L'infanterie ennemie arrive pour attaquer la tour, mais à ce moment précis, le fort montre le drapeau blanc, pour se rendre. La résistance de Flémalle ne pouvait plus durer : les coupoles étaient hors service, et l'armée allemande était déjà en France. Encore résister n'aurait servi qu'à faire un sacrifice inutile pour les deux adversaires. Quand la garnison vint hors du fort, elle reçut les honneurs militaires de la part de l'ennemi. Ensuite, ce fut 5 ans d'emprisonnement à Königsberg (aujourd'hui Kaliningrad).
La résistance de la Position Fortifiée de Liège a permis de faire durer la résistance de l'armée de campagne belge et a rendu possible le départ du Corps Expéditionnaire Britannique à Dunkerque.
Le fort de nos jours
Depuis 1992, une association sans but lucratif s'occupe du fort. Elle fonctionne uniquement avec des bénévoles, qui viennent pour leur hobby, et organisent des visites guidées du fort et du musée. En effet, le fort possède de nos jours un magnifique musée. Le thème parcourt la période depuis la guerre d'Espagne (1937) à la Libération de la Belgique par les troupes américaines (1944-1945). Ici, des collections sont à découvrir, des journaux d'époque, des fusils, des obus, de l'équipement militaire, des uniformes.
Le fort est à visiter chaque 1er samedi du mois, de 10 à 16 heures, et aussi d'autres jours sur rendez-vous pour des groupes de minimum 15 personnes, avec réservation par écrit. Un service traiteur à bon compte est même disponible. Demandez aujourd'hui votre visite !
Cité dans : Zitiert in : Geciteerd in: Cited in: Citováno v: Fort d'Eben-Emael